Publié le 18 septembre 2026 Mis à jour le 18 septembre 2026

Chaque année la Maison des Sciences Humaines de Clermont-Ferrand propose une série de podcasts autour d’une thématique choisie avec ses laboratoires associés. Ces podcasts sont enregistrés dans la bibliothèque de la MSH de Clermont-Ferrand puis diffusés sur notre site Internet et notre chaîne sur la plateforme Canal-U.tv. La sixième saison (2026-2027) s’intitule « L'échec ».


Alors que nos sociétés subissent une injonction au bonheur permanente, l'échec est pourtant constitutif de la plupart de nos existences, et participe pleinement de nos réussites et de nos succès : nombre de philosophes ont montré, encore récemment, que s’il faisait peur à raison, il pouvait aussi être vertueux.
 

Le mot même d’échec renvoie tout à la fois au jeu, au pouvoir, à la défaite. La locution « échec et mat » provient en effet du persan « shāh māt » (« le roi est mort »). S’il est tragique lorsqu’il est définitif, et qu’il signe donc, en d’autres termes, une fin, un arrêt absolu, une chute que rien ne peut empêcher, il peut également être, dans bien des cas, un simple accident de parcours. Il n’est en effet pas rare que l’échec se révèle particulièrement formateur. Il est des chefs d’entreprise qui se relèvent après une faillite, des scientifiques qui apprennent de leurs erreurs d’analyse, des négociations qui échouent avant de se renouer, des artistes qui déçoivent le public avant de devenir incontournables au fil du temps.
 

« Penser, c’est aller d’erreur en erreur », estimait le philosophe Alain (Propos sur l’éducation, 1932). Si l'erreur, pour le penseur ou le scientifique, peut avoir le goût amer de l'échec, se tromper permet pourtant souvent d'initier un cheminement intellectuel, et c’est bien souvent de ce cheminement à tâtons que surgissent les grands actes d’exploration et de création. L’échec met par ailleurs en jeu une tension entre l’individu et le collectif : celui qui échoue seul parvient à réussir en s’alliant à d’autres et en acceptant de partager. Inversement, les grands échecs collectifs sont parfois surmontés au prix d’une solitude intense.
 

Ce que nous voudrions explorer ici, c’est la manière dont l’échec est construit, perçu et, parfois, instrumentalisé. Car, que l’on ne s’y trompe pas, l’échec, tout comme son pendant, la réussite, est avant tout une construction intellectuelle, un concept qui se conçoit différemment selon son domaine d’application, et qui évolue au fil du temps. Lorsque Proust voit son manuscrit refusé par Gallimard en 1912, l’échec est assurément cuisant pour le jeune écrivain. Plus d’un siècle plus tard, c’est la célèbre maison d’édition qu’il entache. L’échec est donc plus réversible qu’on ne le pense…
 

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Cette nouvelle saison de podcasts s’attachera à analyser l’échec à travers tous les prismes possibles, qu’ils soient littéraires, politiques, sociologiques, philosophiques, économiques, historiques, éducatifs, artistiques, ou psychologiques, et à explorer les multiples répercussions de l’échec dans nos vies, qu’il soit immense ou minuscule. Il s’agira, in fine, de montrer comment (re)bâtir sur les défaites, les sublimer, et surtout, apprendre des grandes faillites collectives.

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